Les achats responsables rassemblent largement au Grepic Achats

Visio conférence pour Grepic Achats

Le 8 juillet dernier, le Grepic Achats a organisé une réunion Teams entre 26 acheteurs des sites pharmaceutiques de la région autour d’un thème fédérateur et plus que jamais d’actualité : les achats responsables. Avec deux experts : Tiphaine Platel, consultante spécialisée en achats durables, et Philippine Varlet, chargée de projet transition écologique au Leem.

Acheter responsable, c’est agir à la source. Dans un secteur où les achats représentent 50 à 80% du chiffre d’affaires des entreprises, le levier est puissant. Mais le critère d’achat n’est plus seulement le prix. « Il faut une stratégie claire, soutenue par la direction, en partenariat avec les fournisseurs. Et surtout, savoir choisir ses combats », résume Géraud Papon, président du Grepic Achats, au cœur des échanges de cette commission. Les sites adhérents du Grepic sont de plus en plus nombreux à intégrer des démarches responsables dans leur politique d’achats. Certains, comme Novo Nordisk à Chartres, sont particulièrement avancés avec des actions pilotes concrètes. D’autres amorcent la transition. Mais tous les participants partagent la volonté d’agir, avec des chartes d’achats responsables, des grilles de cotation dans les appels d’offres ou encore des outils de pilotage fournisseur.

Un cadre normatif en pleine structuration

Tiphaine Platel a rappelé la définition de l’ADEME : un achat responsable est un achat qui prend en compte l’environnement, le progrès social et le développement économique, au plus près du besoin pour être le plus sobre possible en ressources et en énergie, tout en intégrant l’ensemble des parties prenantes et sur tout le cycle de vie du produit ou du service. En clair : acheter un produit responsable et le faire de manière responsable.

Depuis le début des années 2000, le cadre réglementaire s’est densifié : Grenelle de l’Environnement, loi AGEC, loi Climat et Résilience, directive CSRD, Devoir de vigilance, Pacte vert européen… Ces textes influencent désormais toute la chaîne d’approvisionnement, y compris dans le privé. Deux normes internationales font référence : ISO 26000 (RSE) et ISO 20400 (achats responsables), complétées, en France, par la charte RFAR et son label.

Tiphaine Platel a détaillé les étapes clés d’une démarche structurée : cartographie des achats, analyse de risques, audits internes des pratiques d’achat, définition des priorités et d’un niveau d’ambition, mise en place d’outils avec les fournisseurs comme les SLA (Service Level Agreement, engagements de qualité de service) et en interne avec les guides de bonnes pratiques.

Vers une réglementation plus exigeante sur les emballages

En seconde partie de réunion, Philippine Varlet a présenté les contours de la Packaging & Packaging Waste Regulation (PPWR), qui entrera en vigueur en août 2026. Cette nouvelle réglementation vise à réduire les déchets d’emballage via l’écoconception, l’intégration de matériaux recyclés, le réemploi et la recyclabilité à horizon 2030. Elle viendra compléter les dispositifs AGEC et REP Emballages Professionnels.

Un point d’attention : l’apposition probable de nouveaux pictogrammes en couleur sur les emballages. Une démarche jugée peu vertueuse par certains, car potentiellement plus coûteuse et complexe à mettre en œuvre, sans gain environnemental clair. « Une illustration de la complexité du métier des acheteurs au cœur des sites de production : combiner une évolution réglementaire vertueuse avec une realpolitik économique des prix de revient » conclut Géraud Papon.